Cabinet Friedland - Jonathan Djenaoussine « Plus que jamais, à l'heure de la crise sanitaire, les acteurs économiques étrangers devront tenir compte des spécificités du marché africain »

Jonathan Djenaoussine, membre fondateur du cabinet d'avocats Friedland
16 Juin 2020
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35Nord (Paris)
interview

Fondé par Jonathan Djenaoussine et Rachid Madid (tous deux ex-White & Case) et Alexandre Couilliot (ex-LPA-CGR avocats), membres de l'Association des Juristes d'Affaires Marocains, du conseil du Club des Avocats au Maroc et particulièrement actif sur le continent africain, Friedland est un cabinet d'avocats pluridisciplinaire intervenant tant en conseil en droit des affaires qu'en contentieux pénal, civil et commercial.

Fort de plus de dix ans d'expérience au sein de cabinets anglo-saxons de premier plan (White & Case puis Watson Farley & Williams), Jonathan Djenaoussine intervient quant à lui en droit des affaires, tant en conseil qu'en contentieux. Il dispose d'une vaste expertise en matière de financements bancaires et d'une excellente connaissance des marchés africains. Interview.

Vous venez de créer Friedland AARPI, un cabinet d'avocats pluridisciplinaire doté d'une pratique africaine. Pouvez-vous revenir sur les raisons de cette initiative ?

Jonathan Djenaoussine (JD) : Après plus d'une dizaine d'années d'expérience au sein de cabinets d'avocats d'affaires internationaux de premier plan, mes associés et moi-même avons souhaité prendre notre indépendance et répondre à l'évolution du marché du conseil juridique prônant une flexibilité accrue notamment en termes d'honoraires et de facturation. Seule une totale indépendance ainsi que la création d'une structure de taille intermédiaire, à taille humaine, nous ont paru à même de répondre à cette demande de flexibilité, en particulier auprès de notre clientèle africaine.

Quels sont les domaines d'intervention de Friedland AARPI?

Là encore, nous avons voulu répondre au souhait de notre clientèle désireuse de disposer d'un seul et même interlocuteur de confiance, susceptible de les accompagner de la phase d'amorçage du projet à sa finalisation et, si cela s'avère nécessaire, dans une phase contentieuse, notamment devant les juridictions arbitrales désignées.

Cette pluridisciplinarité nous permet ainsi d'offrir à une clientèle française et étrangère, notamment africaine, une large palette de services tant en conseil qu'en contentieux, couvrant les principaux domaines d'expertises juridiques.

Nous agissons comme un véritable partenaire, sur le long terme, de nos clients, ce qui nous permet véritablement de nous familiariser avec leurs domaines d'activité et nous sensibiliser aux spécificités opérationnelles qui leurs sont propres.

Nous disposons notamment d'expertises sectorielles particulières dans le domaine de l'énergie, des infrastructures et des matières premières sur le continent africain

Qu'est-ce que votre cabinet compte apporter de plus dans ce secteur où la compétition semble rude avec la présence de cabinets internationaux en Afrique et comment comptez-vous vous positionner ?

Permettez-moi de faire un rapide état des lieux de la concurrence afin de répondre à votre question.

Il est vrai que depuis plusieurs années la concurrence s'est renforcée en Afrique. De plus en plus de cabinets internationaux de type law firm se sont intéressés ou recentrés sur le marché africain, certains même en ouvrant des bureaux sur le continent notamment à Casablanca, Abidjan et, de manière encore plus importante à Johannesburg, qui a toujours représenté un marché à part sur le continent.

En parallèle, l'offre sur le marché local s'est considérablement renforcée avec une nouvelle génération d'avocats formés à l'étranger, dans les cabinets d'avocats d'affaires internationaux, ayant fait le choix de créer leur cabinet dans leur pays d'origine ou dans le pays d'origine de leurs parents.

Jonathan Djenaoussine et Rachid Madid (tous deux ex-White & Case) et Alexandre Couilliot (ex-LPA-CGR avocats) fondateurs du cabinet d'avocats Friedland

Parallèlement, nous avons vu apparaître récemment la création d'un cabinet d'avocats d'affaires international de type lawfirm exclusivement dédié à l'Afrique.

Plus personne aujourd'hui ne doute du potentiel du marché africain mais, plus que jamais, à l'heure de la crise sanitaire, les acteurs économiques étrangers devront tenir compte des spécificités du marché africain qui, par nature, est protéiforme, en particulier dans la gestion de la crise . À cet égard, Friedland AARPI intervient principalement pour une clientèle française et étrangère, dite mid-cap, et est en mesure d'offrir une flexibilité en termes d'honoraires et de facturation nous permettant d'accompagner nos clients dès la phase d'amorçage de leurs projets et sur le long terme, en leur offrant une prestation personnalisée. Friedland AARPI est particulièrement actif sur le marché intra-africain, qui ne cesse de se développer d'années en années. Nous accompagnons régulièrement des entreprises nord-africaines dans leurs investissements en Afrique sub-saharienne.

Autant de caractéristiques qui soulignent notre volonté de proposer une offre adaptée et personnalisée à nos clients, en accord avec leurs contraintes et besoins.

Quelles sont les grandes réformes qui s'imposent dans votre secteur de prédilection afin de mieux accompagner les dynamiques d'émergence économique actuellement en vigueur en Afrique ?

Nous assistons depuis plusieurs années à une libéralisation des économies africaines, favorisant le recours aux investissements directs étrangers. Le dernier exemple en date est l'Algérie qui, au titre de la loi de finances 2020, a sensiblement aménagé la règle 51/49, autorisant désormais les investissements étrangers sans limitation capitalistique, hors secteurs stratégiques, tout en permettant de recourir aux financements internationaux pour les projets stratégiques, structurants et ciblés pour l'économie nationale.

Cependant, la politique monétaire et la réglementation des change constituent encore aujourd'hui un obstacle aux investissements étrangers dans un grand nombre de pays africains. Même si l'environnement des affaires en Afrique s'est globalement amélioré, il existe encore aujourd'hui de fortes disparités en matière de bancarisation, d'un pays à l'autre.

La disparition programmée du CFA en zone franc constitue par ailleurs un véritable défi à relever pour les états africains concernés en matière d'attractivité économique.

L'ensemble des opérateurs économiques étrangers salue le progrès qu'ont constitué les différents traités OHADA en matière de droit des affaires, néanmoins nous constatons encore aujourd'hui, dans bon nombre de pays africains, une fiscalité qui, dans certains domaines, est peu propice au développement des investissements internationaux.

Souhaitez-vous ajouter un dernier point ?

Il est vrai que l'Afrique a encore de nombreux défis à relever, notamment en termes de développement. Même si la pandémie du COVID-19 et la crise sanitaire mondiale constituent un défi de plus, nous sommes néanmoins convaincus que les décennies à venir feront du continent africain un acteur de taille et de poids sur le commerce mondial et verront l'émergence d'entreprises africaines leaders sur le marché national, régional et même international. C'est donc avec passion et enthousiasme que Friedland AARPI souhaite s'inscrire dans cette dynamique et dans les perspectives qu'elle augure.

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