Chaque année la corruption coûte à l'Afrique près de 148 milliards de dollars, et son éradication est partie intégrante de l'agenda de développement en Afrique mis en oeuvre par la Banque africaine de développement.
Alors que le thème des prochaines Assemblées annuelles 2025 porte sur : « Tirer le meilleur parti du capital de l'Afrique pour favoriser son développement », la question de la corruption est, malheureusement, plus que jamais d'actualité sur le continent.
« Nous travaillons d'arrache-pied avec les gouvernements pour améliorer la transparence, la gouvernance, la responsabilité et la réalisation des projets sur tout le continent. La corruption n'investit pas dans l'avenir, elle tue l'avenir », déclarait Akinwumi Adesina, président de la Banque africaine de développement, lors du sommet des leaders mondiaux pour la paix.
La Banque a développé des programmes robustes et des mécanismes de lutte contre la corruption dans les projets et programmes qu'elle finance pour accélérer la réalisation des Objectifs de développement durable et de l'Agenda 2063 de l'Union africaine.
Dans sa Stratégie décennale la Banque insiste sur les politiques anti-corruption et la mise en oeuvre de la gouvernance : « La Banque a constitué un vaste portefeuille de gouvernance, l'accent étant fortement mis sur le soutien aux pays membres régionaux dans la création d'environnements des affaires compétitifs, la gestion des budgets, l'affectation des finances publiques et la prise de mesures de lutte contre la corruption ».
Dans sa démarche de lutte contre la corruption la Banque africaine de développement intervient à plusieurs niveaux pour éliminer ce fléau qui entrave la croissance des pays. L'impact négatif de la corruption sur les économies mondiales peut être résumé à travers les éléments qui suivent.
Elle freine la croissance en augmentant les coûts des affaires et décourage les investissements étrangers. Elle crée un environnement d'incertitude et accentue les inégalités, privant les populations vulnérables de l'accès à des services essentiels. La corruption entraîne des pertes de recettes fiscales par l'évasion fiscale et la fraude. Elle sape la confiance des citoyens envers les dirigeants et les institutions.
Pour lutter contre la corruption, la Banque promeut la transparence, la responsabilité et la bonne gouvernance à tous les niveaux.
Afin de renforcer la bonne gouvernance et la transparence, le Groupe de la Banque soutient le renforcement de la législation anti-corruption, la bonne gouvernance et à la transparence financière à travers des appuis institutionnels à ses pays membres. La Banque encourage la publication des budgets, des dépenses et des audits et la protection des lanceurs d'alerte contre toute forme de représailles.
La Banque mène des programmes de prévention et de sensibilisation des partenaires sur les dangers de la corruption et les moyens de l'éradiquer.
La Banque encourage l'intégrité dans toutes ses dimensions pour détecter et prévenir la corruption, elle promeut une coopération internationale avec les pays et les organisations internationales pour un partage d'informations et de meilleures pratiques. La coopération internationale est essentielle pour lutter contre la corruption transnationale.
Le Bureau de lutte contre la corruption au sein de la Banque (PIAC) a développé une méthodologie proactive pour identifier les risques de fraude et de corruption pendant la mise en oeuvre des projets. Les examens d'intégrité des projets sont menés afin d'identifier les risques d'atteinte à l'intégrité et les faiblesses sous-jacentes qui exposent le processus de mise en oeuvre du projet à la fraude et à la corruption.
De manière proactive, des enquêtes sont également menées sur des projets de la Banque à la suite d'informations médiatiques défavorables sur les projets, entraînant un risque réputationnel. Des mesures correctives appropriées sont prises le cas échéant.
C'est ainsi qu'en 2020, cent cinquante-cinq entités ont fait l'objet d'une mesure d'exclusion croisée, tandis que cent-quarante entités ont été retirées de la liste des entités exclues. En raison de l'Accord d'application mutuelle de décisions d'exclusion, signé le 9 avril 2010, les banques multilatérales de développement appliquent mutuellement les décisions d'exclusion prises par chacune d'entre elles.
La Banque est aussi membre du Groupe de travail des institutions financières internationales sur la lutte contre la corruption.
La Banque dispose également d'instruments et de cadres pour une action cohérente contre la corruption, notamment : les Directives pour la prévention et la lutte contre la corruption et la fraude dans les opérations du Groupe de la Banque ; la Stratégie du Groupe de la Banque en matière de prévention du blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme en Afrique ; la Politique du Groupe de la Banque en matière de bonne gouvernance ; Politique anti-corruption et de conformité pour les entreprises africaines.