« La Banque africaine de développement dispose de l'un des processus les plus démocratiques pour élire son président »

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28 Mai 2025
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African Development Bank (Abidjan)

Les Assemblées annuelles 2025 sont spéciales, avec l'élection d'un nouveau président à la tête de l'institution, après dix années de présidence de M. Akinwumi Adesina. Pourriez-vous nous présenter les principaux processus électoraux et les étapes clés qui précèdent la prise de fonctions d'un nouveau président ?

L'ensemble du processus d'élection du nouveau président de la Banque africaine de développement s'étend sur près d'une année. À la fin des dernières Assemblées annuelles qui se sont tenues à Nairobi, les gouverneurs ont décidé d'établir le calendrier pour l'élection du prochain président de la Banque. L'appel à manifestation d'intérêt auprès des pays membres régionaux pour désigner des candidats a été lancé le 1er juillet 2024. Il va sans dire qu'un candidat à la présidence de la Banque doit être « une personne de la plus haute compétence dans les domaines qui concernent les activités, la gestion et l'administration de la Banque, et doit être ressortissant d'un État membre régional ».

La date et l'heure de clôture pour la réception des candidatures étaient fixées au 31 janvier 2025, à 17 h, heure locale d'Abidjan. Lorsqu'il a reçu les candidatures, mon bureau a convoqué une réunion avec le Comité de pilotage sur l'élection du président, qui examine les candidats et décide, conformément à la règle, des listes de candidats possibles.

La liste des candidats dûment examinés a été publiée et communiquée au Conseil des gouverneurs le 21 février 2025. Ensuite, le processus a démarré pour s'achever par la participation des candidats à l'élection lors des Assemblées annuelles. Les règles sont très claires : le mandat du président en fonction prendra fin le 31 août 2025 ; en conséquence, l'élection du nouveau président devra avoir lieu au cours de la réunion annuelle du Conseil des gouverneurs de la Banque, en mai 2025, avant la fin du mandat du président actuel. Ainsi, selon le calendrier établi, cette élection se déroulera le 29 mai, puis une période de transition démarrera - jusqu'à ce que le nouveau président endosse ses fonctions le 1er septembre 2025.

C'est ainsi que se déroule le processus. La Banque africaine de développement dispose de l'un des processus les plus démocratiques pour élire son président. Il s'agit d'un processus dirigé par ses États membres. Comme vous le savez, les candidats, encouragés par leur pays, ont effectué des déplacements et mènent des campagnes en vue d'obtenir le soutien des États membres.

Maintenant, un point important que vous devez connaître est la manière dont un candidat devient un président dûment élu.

Une personne sera dûment élue en tant que président de la Banque lorsqu'elle aura obtenu 50,01 % de la totalité des droits de vote de tous les pays membres (membres régionaux et non régionaux inclus) et 50,01 % de tous les pays membres régionaux (membres africains). C'est ce que nous appelons la majorité double et, pour être élu président, il faut obtenir une majorité double lors des élections.

En tant que Secrétaire général au cours des dix dernières années, quels sont les trois principaux points que vous retenez de cette expérience ?

Cela ne fait pas encore dix ans que je suis Secrétaire général. J'en suis à ma neuvième année. En août, cela fera neuf ans. Donc, pour confirmer, les trois principaux points que je retiens... c'est une question difficile, car je retiens beaucoup de choses de ce poste.

Premièrement, j'ai quitté mon poste pour venir ici, d'abord pour participer à l'impact sur le terrain. Mon travail permet donc aux populations africaines de bénéficier d'un certain niveau de développement.

Deuxièmement, du point de vue de la gouvernance d'entreprise, en tant que professionnel de ce domaine, la capacité d'assurer un certain niveau de cohésion et de prise de décision me permet également d'avoir un impact. Le troisième point est l'engagement de mes collègues qui observent le développement de l'Afrique grâce au travail de la Banque africaine de développement et du Fonds africain de développement.

Bien entendu, il y a beaucoup d'autres points à retenir. Durant ma courte période de neuf ans à occuper ce poste spécifique, mais également à voir les pays membres se réunir lors d'évènements de cette nature pour interagir, préparer le prochain programme et diriger la gestion, je considère cette expérience comme formidable.

Comment une institution comme la Banque africaine de développement aborde-t-elle le contexte mondial actuel de réduction de l'aide multilatérale ?

Le thème des Assemblées annuelles 2025 répond à votre question : « Tirer le meilleur parti du capital de l'Afrique pour favoriser son développement ». Cela reflète que nous réalisons que l'aide diminue et que le contexte géopolitique affecte le comportement des donateurs, soulignant ainsi la nécessité d'une introspection. Une chose est sûre : la situation a changé et l'Afrique doit donc prendre les devants à travers une introspection afin de générer ses propres ressources.

En effet, comme on le dit souvent, notre continent est riche en ressources, mais il demeure pauvre. Comment changer ce discours ? En tant que représentants de la Banque, nous nous posons continuellement cette question. Et de nombreux citoyens africains se la posent également.

Le temps est donc venu de considérer le contexte changeant de l'aide comme une opportunité de commencer à réfléchir et de mener une introspection. Nous n'avons pas d'autre choix.

Une dernière question. Où les prochaines Assemblées annuelles se dérouleront-elles ? Et qu'est-ce qui en détermine le choix ?

Pour clarifier ce que nous appelons le cycle des Assemblées annuelles, il faut dire que ce cycle est déterminé cinq ans à l'avance. Ainsi, il y a cinq ans, les hôtes du prochain programme quinquennal des Assemblées annuelles avaient été déterminés.

Nous sommes proches du moment où ce cycle quinquennal touche à sa fin. La Côte d'Ivoire est l'hôte de la troisième année de ce cycle. Le prochain pays prévu dans ce cycle est la République du Congo.

Le cycle suivant démarrera à l'issue des Assemblées au Congo-Brazzaville. Il sera donc établi lors des dernières Assemblées annuelles de ce cycle, que nous organiserons au Niger. Ainsi, à l'heure où nous parlons, la délégation du Congo faisait partie de la troisième mission de préparation. Elle est venue ici pour examiner les préparatifs de la Côte d'Ivoire, car le Congo accueillera les Assemblées annuelles 2026, après celles d'Abidjan en Côte d'Ivoire.

Nous lancerons le processus pour le prochain cycle quinquennal avant la fin du cycle actuel au Niger. Donc, d'ici à l'organisation des Assemblées au Niger, nous saurons qui seront les hôtes au cours des cinq années à partir de 2028.

Préparez-vous pour le Congo-Brazzaville ! Le mois de mai touche à sa fin, et nous nous apprêtons à collaborer avec le gouverneur de la Banque pour la République du Congo afin de préparer les prochaines Assemblées annuelles. Il n'y a pas d'interruption. La préparation des Assemblées annuelles démarre immédiatement après la fin de celles qui les précèdent.

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