L'avenir énergétique de l'Afrique - Le financement mixte, la mobilisation des capitaux africains et l'impact croissant du SEFA au coeur des débats

5 Juin 2025
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African Development Bank (Abidjan)

Une session sur le rôle des capitaux privés africains dans la sécurisation de l'avenir énergétique de l'Afrique a marqué le début de la première journée des Assemblées annuelles 2025 du Groupe de la Banque africaine de développement à Abidjan, en Côte d'Ivoire.

L'événement, intitulé « Tirer parti des capitaux africains pour la transition énergétique grâce au financement mixte » et modéré par Daniel Schroth, directeur des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique de la Banque, a servi de plateforme pour explorer des solutions visant à attirer davantage de capitaux africains pour financer les infrastructures d'énergie renouvelable grâce à des mécanismes de financement mixtes et innovants et à des partenariats stratégiques.

Dans son allocution d'ouverture, Kevin Kariuki, vice-président du Groupe de la Banque chargé de l'Électricité, de l'Énergie, du Changement climatique et de la Croissance verte, a dressé le tableau d'un continent doté d'un potentiel abondant en sources d'énergie renouvelable, mais souffrant d'un important déficit d'accès à l'énergie et de flux financiers limités. Il a mis en avant la Mission 300, une initiative ambitieuse de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement visant à fournir un accès à l'électricité à 300 millions de personnes en Afrique d'ici à 2030, ainsi que le rôle du Fonds pour l'énergie durable en Afrique (SEFA), géré par la Banque, comme instrument clé pour stimuler l'accès à l'électricité sur le continent.

João Duarte Cunha, chef de la Dbaivision des fonds pour les énergies renouvelables à la Banque, a présenté une vue d'ensemble complète de la stratégie du SEFA pour catalyser les investissements privés dans les énergies propres, soulignant son solide bilan en matière de déploiement de capitaux et présentant un portefeuille diversifié d'interventions, allant du soutien en amont aux investissements directs dans les énergies renouvelables à grande échelle et décentralisées.

Bärbel Kofler, secrétaire d'État parlementaire auprès du ministre fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement et gouverneure de la Banque pour l'Allemagne, a salué le partenariat solide avec la Banque africaine de développement dans le cadre du SEFA. Elle a mis l'accent sur la nécessité de déployer stratégiquement des financements mixtes afin de promouvoir les meilleures technologies d'énergie propre en Afrique.

Derek Chime, directeur des investissements chez ARM-Harith, un gestionnaire de fonds d'infrastructure panafricain, a souligné la nécessité de former les investisseurs africains aux risques et aux rendements des différentes classes d'actifs, soulignant que les tranches de première perte sont essentielles pour rassurer ces investisseurs, en particulier dans les fonds d'actions. Il a souligné les récents succès remportés dans la mobilisation de fonds de pension nigérians pour leur fonds successeur grâce à un investissement en actions subordonnées du SEFA.

Selon Tshepidi Moremong, directrice des opérations d'Africa 50, les investisseurs institutionnels africains devraient être les premiers à se lancer et montrer aux investisseurs institutionnels mondiaux que l'Afrique est ouverte aux affaires. Elle a également mis en avant leur initiative la plus récente avec la Banque africaine de développement, l'Alliance pour l'infrastructure verte en Afrique (AGIA), qui comprend un fonds de développement de projets, combinant des capitaux philanthropiques et des capitaux de développement en vue d'accélérer la mise en place d'un portefeuille de projets bancables destinés à être financés par des investisseurs institutionnels. Elle a salué la forte contribution du SEFA en tant qu'investisseur catalyseur dans un fonds appelé à prendre des risques importants en phase de démarrage.

Toutefois, Mme Moremong a ajouté que le financement mixte n'était pas la panacée pour surmonter tous les obstacles auxquels sont confrontés les investisseurs africains.

Marlene Jennings, directrice générale d'Arch Emerging Markets Partners, a mis l'accent sur l'importance du dialogue politique et sur la nécessité de veiller à ce que les gouvernements entreprennent les réformes nécessaires pour attirer davantage d'investissements dans le domaine climatique. Elle a noté que le marché devait prouver sa maturité en multipliant les réussites de projets développés, construits et exploités, tout en générant des rendements intéressants pour les investisseurs initiaux.

Clemens Calice, directeur général de Cygnum Capital, a conclu la discussion en soulignant que la mobilisation de capitaux privés était un processus continu et que l'intérêt ne pouvait être suscité que par de solides performances. Malgré l'attrait des actifs d'infrastructure propres, l'intérêt des investisseurs institutionnels africains tarde, selon lui, à se concrétiser, en raison d'une compréhension limitée de cette classe d'actifs et d'obstacles structurels, notamment l'incapacité à adopter une approche régionale ou continentale et à déployer des capitaux dans plusieurs juridictions.

L'événement a également servi de plateforme pour le lancement du Rapport annuel 2024 du SEFA, qui documente la meilleure année de son histoire, avec 108 millions de dollars approuvés pour 14 projets, soulignant le rôle transformateur du fonds dans le secteur.

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