Assemblées annuelles 2025 de la Banque africaine de développement - IDEV souligne le rôle de l'évaluation dans la libération du capital financier africain

20 Juin 2025
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African Development Bank (Abidjan)

Les évaluations indépendantes sont essentielles pour libérer le capital financier national de l'Afrique et mener des réformes qui ont un impact réel sur le développement. Tel était le message clé d'un événement parallèle organisé par l'Évaluation indépendante du développement (IDEV) de la Banque africaine de développement à l'occasion des Assemblées annuelles 2025 de l'institution à Abidjan.

L'évènement, intitulé « Exploiter le capital financier de l'Afrique pour le développement : données d'évaluations indépendantes », a réuni des évaluateurs, des décideurs, des économistes, des professionnels de la finance et des acteurs du secteur privé afin d'explorer comment les conclusions des évaluations peuvent renforcer la mobilisation des ressources, la gestion des finances publiques et l'utilisation efficace du capital.

À l'ouverture de la session, Karen Rot-Münstermann, évaluatrice générale de la Banque, a mis l'accent sur l'urgence de mobiliser les vastes capitaux nationaux du continent face à la baisse de l'aide et des flux d'investissement étrangers. S'appuyant sur le rapport phare de la Banque, « Perspectives économiques en Afrique 2025 », elle a cité une perte annuelle d'environ 600 milliards de dollars due aux flux financiers illicites et aux inefficacités, tout en soulignant le potentiel de l'Afrique à mobiliser et à conserver jusqu'à environ 1 430 milliards de dollars par an grâce à de meilleures politiques. « Il y a de l'argent en Afrique », a-t-elle affirmé, citant Kevin Urama, vice-président et économiste en chef du Groupe de la Banque africaine de développement. « Il s'agit de le mobiliser et de le valoriser. »

Madhusoodhanan Mampuzhasseril, chef de division au sein d'IDEV, a présenté les principales conclusions de trois évaluations récentes : une synthèse sur la gestion des finances publiques ; une évaluation de l'impact d'un projet de modernisation des finances publiques en République démocratique du Congo (RDC) ; et une évaluation de l'utilisation par la Banque de son mécanisme de partenariat public-privé. Ces conclusions ont mis l'accent sur la nécessité de cadres juridiques solides, de systèmes informatiques efficaces, de mécanismes de coordination robustes et d'une adaptation aux contextes locaux.

Une table ronde animée par Éric Ogunleye, directeur de l'Institut africain de développement, unité du Groupe de la Banque, a permis un échange de points de vue.

Rufus N. Darkortey, administrateur de la Banque, a illustré comment l'évaluation a permis de mener des réformes efficaces dans son portefeuille, notamment en Gambie et au Liberia, où elle a soutenu des réformes qui ont contribué au doublement du ratio impôts/PIB et à l'amélioration de la gestion budgétaire. « Tout cela n'aurait pas été possible si l'évaluation n'avait pas joué un rôle moteur », a-t-il souligné.

Neil Cole, responsable du financement au sein de l'Unité de gestion de projet pour une transition énergétique juste de l'Afrique du Sud, rattachée au Bureau du président, a souligné que la mobilisation des ressources devait s'accompagner d'une absorption efficace et d'un alignement sur les priorités nationales. « L'évaluation nous aide à détecter les lacunes en matière de capacités avant d'agir », a-t-il noté, appelant à des réformes fondées sur des données probantes et les réalités institutionnelles.

Représentant le secteur privé, Guillaume Le Bris, responsable des infrastructures et de l'énergie chez ILX Fund Management, a souligné que les investissements garantis par des pensions reposaient sur des données crédibles et la confiance institutionnelle. « L'évaluation est essentielle pour dérisquer les investissements et aligner les capitaux sur les résultats de développement », a-t-il déclaré. ILX, qui a mobilisé plus de 1,7 milliard de dollars auprès de fonds de pension néerlandais et danois, co-investit exclusivement avec des banques multilatérales de développement sur les marchés émergents. Selon M. Le Bris, des systèmes d'évaluation solides sont essentiels pour attirer et retenir des capitaux privés à grande échelle.

Kevin Lumbila, chef de la Division de la gouvernance et des réformes économiques de la Banque africaine de développement, a présenté les résultats d'un projet de modernisation des finances publiques en RDC, où l'intégration des systèmes financiers, la création de nouveaux bureaux des impôts et l'amélioration des conditions de travail du personnel ont permis d'améliorer la prestation des services et d'accroître les recettes de 10 % en moyenne par an dans les provinces participantes.

« Lorsque les citoyens ont constaté des améliorations, telles que la réfection des routes et la collecte des déchets, leur volonté de payer des impôts s'est accrue », a-t-il expliqué. Ces résultats, qui ont ensuite été repris dans l'évaluation d'IDEV, démontrent le pouvoir d'une conception adaptative et contextuelle pour impulser les réformes.

Soji Adelaja, professeur à l'université d'État du Michigan, a mis l'accent sur le fait que l'évaluation devait être intégrée dès la phase de conception afin de permettre une adaptation significative. « On ne peut pas évaluer ce qu'on n'a pas mis en place pour en tirer des enseignements », a-t-il relevé, décrivant l'évaluation non seulement comme un outil de responsabilisation, mais aussi comme un instrument stratégique de narration qui renforce la confiance du public et stimule le financement public et privé.

Les panélistes ont discuté du rôle de la société civile et des particuliers fortunés dans le financement du développement. M. Adelaja a souligné le succès du Nigéria, qui a réussi à lever 340 millions de dollars en une seule journée auprès de particuliers, citant la confiance et la transparence comme facteurs clés.

Clôturant la session, M. Ogunleye a appelé à une mobilisation accrue des ressources nationales et à un renforcement des capacités institutionnelles, soulignant qu'aucun pays ne s'était développé uniquement grâce à l'aide extérieure. « L'évaluation n'est pas un luxe, c'est une nécessité. Des politiques plus intelligentes, une meilleure mise en oeuvre et des résultats plus équitables commencent tous par des preuves », a-t-il conclu.

La session a avancé de solides arguments en faveur de la promotion de l'évaluation au rang de pilier central du programme de réforme financière de l'Afrique. Elle a réaffirmé l'engagement d'IDEV à associer l'évaluation à des mesures qui renforcent la résilience financière et l'efficacité du développement en Afrique.

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