Le Groupe de la Banque africaine de développement évalue la performance de son portefeuille de projets au Togo

23 Octobre 2025
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African Development Bank (Abidjan)

Le Groupe de la Banque africaine de développement a procédé, fin septembre à Lomé, à la revue de performance de son portefeuille 2025 au Togo, réunissant des responsables gouvernementaux, des gestionnaires de projets et des bénéficiaires pour évaluer les progrès des initiatives de développement et tracer la voie vers une amélioration des performances.

La revue, qui s'est déroulée du 22 au 26 septembre, constitue un exercice de contrôle essentiel dans la coopération entre le Groupe de la Banque et le gouvernement togolais. À l'issue des différentes sessions de travail, un atelier de restitution a réuni plus de 80 personnes, en présence de Wilfrid Abiola, responsable du bureau pays de l'institution au Togo, et Stéphane Akaya, secrétaire général du ministère de l'Économie et des Finances.

Mesurer l'impact dans les secteurs clés

La revue a mis en lumière des réalisations significatives dans le développement des infrastructures, de la productivité agricole, de la gouvernance institutionnelle et de l'accès aux services sociaux essentiels. Les résultats démontrent comment le financement stratégique du développement peut catalyser un changement transformateur.

Les interventions du Groupe de la Banque dans le secteur de l'énergie ont contribué à élargir l'accès à l'électricité dans l'ensemble du Togo, passant de 58,7% de la population en 2021 à 68% en 2023 et 70% en 2024, améliorant la vie de millions de personnes et contribuant à la croissance économique du pays.

Les programmes agricoles financés par le Groupe de la Banque ont eu un impact significatif sur les filières clés, notamment le riz, le maïs, le soja, le sésame, le poulet de chair et les noix de cajou. La productivité du maïs a augmenté de 67%, passant de 1,2 tonne par hectare en 2020 à deux tonnes par hectare en 2022, tandis que 22 620 agriculteurs ont obtenu un accès au financement d'intrants, les femmes représentant 25% des bénéficiaires. Le programme de financement des agriculteurs a dépassé l'objectif fixé en 2026 de 10 000 agriculteurs à mi-parcours de sa mise en oeuvre.

En soutenant la modernisation du terminal à conteneurs du port de Lomé et des projets routiers régionaux, l'institution financière panafricaine contribue à positionner le Togo comme une plateforme logistique en Afrique de l'Ouest. Les temps de passage aux frontières entre le Togo et le Ghana ont été réduits de dix heures à seulement 2h30, tandis que le temps de transit entre Abidjan et Lagos a été réduit de six jours à 2,42 jours. Ces améliorations ont contribué à la création de 20 000 emplois, dont 95% destinés aux femmes, quand une centaine d'entrepreneurs ont été formés, dont 50% de jeunes et 30% de femmes.

Un projet de garantie partielle de crédit d'une valeur de 131 milliards de francs CFA (environ 200 millions d'euros) représente près de 40% du portefeuille actif du Groupe de la Banque au Togo, permettant au pays de mobiliser des ressources additionnelles sur les marchés de capitaux et auprès des banques commerciales privées.

Malgré ces avancées, la revue de performance du portefeuille a identifié plusieurs défis de mise en oeuvre nécessitant une attention urgente. Il s'agit en particulier de la faible performance des Unités de gestion de projets (UGP), des délais excessifs dans la signature des aide-mémoires de mission et de la nécessité de rationaliser les montants des projets et le nombre d'UGP.

L'instabilité des postes de direction de projets, ainsi qu'un nombre élevé de prorogations et de plaintes, ont encore compliqué l'exécution des projets et programmes financés par le Groupe de la Banque. « Les retards dans l'exécution des projets font reculer le pays dans ses efforts en faveur du développement durable, pénalisant ainsi les populations ciblées par les interventions de développement », a regretté Stéphane Akaya.

La revue s'est conclue par la mise en place d'un nouveau Plan d'amélioration de la performance pays (PAPP 2025), conçu pour relever les défis identifiés et améliorer la gestion du portefeuille.

M. Abiola a souligné que la mise en oeuvre des recommandations de la revue renforcerait l'efficacité et la transparence dans la gestion des projets. Il a également insisté sur la nécessité d'améliorer la capacité d'absorption des ressources de développement et d'approfondir la réflexion engagée sur l'organisation actuelle de leur mise en oeuvre.

La mission s'inscrit également dans le cadre du dialogue politique du Groupe de la Banque africaine de développement avec le Togo concernant l'achèvement de sa Stratégie pays intérimaire 2021-2026 et la définition des priorités d'intervention à partir de 2026. Cette revue était organisée en collaboration avec le bureau pays du Groupe de la Banque au Togo et plusieurs départements clés gérant les projets cofinancés.

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